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La question des fonctionnaires bloque le retour de l’Autorité palestinienne à Gaza

30 nov. 2017, PAR Acteurs Publics
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Khalil al-Hayya, adjoint de l'homme fort du Hamas, Yahya Sinouar, annonce son refus de rendre les armes à l'Autorité palestinienne, le 27 novembre 2017. - Adel Hana/AP/SIPA

Le transfert de pouvoirs dans ce territoire aux mains du Hamas depuis dix ans a été reporté au 10 décembre. La réconciliation entre les frères ennemis palestiniens est mise à mal par les tensions autour de l’intégration des agents proches du Hamas et le retour des fonctionnaires de l’Autorité. 


Loin d’être anecdotique, le sort des fonctionnaires de Gaza pourrait bien fait capoter le retour de l’Autorité palestinienne dans l’enclave, aux mains du Hamas depuis 2007.

Les groupes rivaux palestiniens ont reporté, mercredi 29 novembre, à deux jours de l’échéance, un transfert de pouvoirs très attendu dans la bande de Gaza, sans fournir le moindre plan pour sauver cette entreprise aux enjeux humains et politiques considérables.

Objet d’un accord signé le 21 octobre au Caire, le transfert a calé dès qu’il s’est agi de le mettre en œuvre sur le terrain. Des fonctionnaires de l’Autorité, appelés à reprendre leur poste après des années d’inactivité, se sont retrouvés bloqués, mardi 28 novembre, à l’entrée des ministères de Gaza par les délégués syndicaux proches du Hamas. Ces agents, comme des dizaines de milliers de fonctionnaires employés jusqu’alors par l’Autorité, continuaient à être payés par cette dernière, tout en restant chez eux dans leur grande majorité.

Économie à genoux

De son côté, depuis dix ans, le Hamas avait recruté des dizaines de milliers de fonctionnaires pour mettre sur pied son administration.

Vingt-quatre heures après l’incident, le mouvement islamiste a annoncé dans un communiqué le report du transfert de pouvoirs au 10 décembre. Le Hamas entend voir ses fonctionnaires intégrés dans l’administration de l’Autorité. Mais le coût serait exorbitant pour un pouvoir déjà à la peine financièrement.

Le sujet est éminemment sensible, les fonctionnaires faisant vivre beaucoup de monde à Gaza, dont l’économie est à genoux, avec plus de 40 % de la population active au chômage et un taux de pauvreté du même ordre.

Situation singulière

La situation de l’Autorité, internationalement reconnue et censée préfigurer un État palestinien indépendant, reste singulière depuis 2007. Elle ne gouverne plus, avec les restrictions imposées par l’occupation israélienne, que des fragments de Cisjordanie, séparée de la bande de Gaza par le territoire israélien.

Le sort des fonctionnaires n’est que l’un des écueils sur la voie de la réconciliation. L’Autorité exige un contrôle total de la sécurité dans le territoire. Le Hamas, dont le bras militaire est réputé fort de 25 000 hommes et de milliers de roquettes, refuse de rendre les armes…

(avec AFP)