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Les collectivités poursuivent leurs efforts en matière de gestion des ressources humaines

10 oct. 2018, PAR Bastien Scordia
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La moitié des répondants au baromètre HoRHizons, publié le 9 octobre, assurent que leurs dépenses de personnel stagneront cette année. L’évolution des dépenses est imputée à des facteurs exogènes aux collectivités, telles que les nouvelles mesures statutaires notamment.


Les élus locaux sont de bons gestionnaires. C’est le message que tente de faire passer la dernière édition du baromètre HoRHizons, publié mardi 9 octobre, selon lequel les dépenses de personnel continueraient de stagner en 2018 dans une collectivité territoriale sur deux (contre 51 % en 2017). Pour aboutir à ce constat, le baromètre s’appuie sur les résultats d’une enquête réalisée par l’institut CSA auprès d’un échantillon de 806 collectivités (9 régions, 30 départements, 598 communes, 22 communautés d’agglomération, 145 communautés de communes, 1 communauté urbaine et une métropole) [cliquez ici pour consulter le baromètre]

Cependant, la croissance de la masse salariale serait plus marquée pour certains types d’échelons, en l’occurrence les communautés de communes et les régions, particulièrement impactés par les transferts de personnel et les réorganisations de services nés des réformes territoriales. Au total, 40 % des répondants indiquent que leurs dépenses seraient en hausse en 2018 contre 34 % en 2017. La réduction des dépenses de personnel concernait quant à elle 9 % des répondants contre 12 % l’année dernière. 

                                                   

                 L’évolution des dépenses de personnel envisagée en 2018 selon le type de collectivité (source : Baromètre HoRHizons)

Facteurs exogènes

Sans surprise, le baromètre impute la croissance de la masse salariale aux mesures décidées nationalement. “Les hausses constatées sont, pour l’essentiel, exogènes aux collectivités territoriales”, explique l’étude, établie en partenariat par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) et le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), la Fédération nationale des centres de gestion (FNCDG), l’Association des maires de France (AMF), l’Assemblée des départements de France (ADF) et Régions de France (ex-ARF).

Les causes d’évolution des dépenses identifiées sont, dans l’ordre : les nouvelles mesures statutaires (pour 47 % des répondants), la mise en œuvre de la réforme territoriale (42 %), le transfert de compétences (39 %), la mise en place du Rifseep, le nouveau régime indemnitaire des fonctionnaires (33 %), les modifications dans la gestion de services publics (22 %) et même, déjà, la mise en place du dispositif de contractualisation financière entre l’État et les collectivités (5 % des répondants). Par ailleurs, 9 % des répondants au baromètre ne savent pas pourquoi leurs dépenses évoluent.

Quant aux outils de maîtrise de la masse salariale, l’optimisation du temps de travail est le premier levier activé par les collectivités (56 %), suivie de l’adaptation des périmètres et réorganisations de services (47 %) et de la limitation des remplacements sur poste permanent (46 %).

                                                   

Les leviers identifiés pour maîtriser la masse salariale

Perspectives de recrutement à la hausse

Sur ce dernier outil de maîtrise de la masse salariale, le baromètre fournit d’autres précieuses informations. Ainsi, concernant les perspectives de remplacement, le non-remplacement de tous les départs représente encore 36 % des choix exprimés par les répondants (après 46 % en 2017, 53 % en 2016 et 44 % en 2015). Une collectivité sur deux envisagerait quant à elle de remplacer tous les départs.

Les perspectives de recrutement sont pour leur part à la hausse, puisque 36 % des collectivités interrogées envisagent de recruter en 2018, après 26 % en 2017, 23 % en 2016 et 17 % en 2015. Néanmoins, seuls 13 % des répondants font état de créations de postes cette année. Le remplacement des départs constitue en effet toujours la première raison de recrutement (51 % contre 44 % en 2017).

Pour rappel, au 31 décembre 2016, la fonction publique territoriale comptait 1,886 million d’agents hors contrats aidés, contre 1,889 million au 31 décembre 2015, soit une baisse de 0,2 % après - 0,3 % en 2015.